Balade street art autour du lycée Poincaré

Ce blog a pour ambition d’inviter à redécouvrir Nancy à travers l’art. Le street art, évidemment, sera le fil rouge, mais les œuvres anciennes, sculptures et autres détails du patrimoine trouveront leurs places également.

Pour commencer cette première balade, c’est autour du lycée Poincaré (rue Blondlot et rue de la Visitation) que nous allons nous promener.

À l’origine constitué de deux couvents (les minimes et les visitandines), ces murs ont été nationalisés lors de la Révolution française puis aménagés pour accueillir le premier lycée de Nancy, créé par Napoléon 1er. La chapelle de la Visitation rappelle le passé religieux du bâtiment. Le groupe sculpté qui orne le fronton est signé Joseph Söntgen, sculpteur de Stanislas. Les deux femmes représentent la foi (la croix) et l’espérance (l’ancre).

Rue Blondlot

La rue Blondlot possède quelques petites pépites. Une mosaïque anonyme (on en voit de plus en plus dans Nancy. Si vous avez des infos je suis preneur) ainsi qu’un Waldo et un David DAVID. Les poteaux sont décorés de quelques stickers sympa également.

La mosaïque anonyme, pour commencer, rappelle Icare volant trop près du soleil. « Icare partant à l’aube pour se donner de la marge ». Les trois parties de l’œuvre s’inscrivent parfaitement bien dans l’élément d’architecture que l’on retrouve tout le long de la façade sous les fenêtres. (cliquez sur les images pour agrandir).

Si on continue notre chemin, un peu plus loin, on trouve pas mal de choses à l’angle de la rue Gilbert.

Pour rester dans l’esprit mosaïque, on peut voir une œuvre de Waldo. C’est Pouah, le méchant de l’univers d’Où est Charlie qui est représenté ici. Les œuvres de Waldo sont un Charlie géant justement, sauf qu’au lieu de chercher dans les pages d’un livre, ce sont les rues des grandes villes (Nantes, Rennes, Paris, Lyon entre autres) qu’il faut arpenter. Ses sources d’inspiration sont les personnages de la BD mais également des jeux vidéos rétro. Vous pouvez vous amuser à les rechercher. Il y a notamment Donkey Kong, un coffre de Zelda, Chtimette une grenouille volante inspirée de la BD Donjons de Manu Larcenet.

Le Waldo a été installé à côté d’une petite figure La tête dans l’Art de David DAVID. Le sculpteur nancéien vit aujourd’hui dans le sud de la France. Autodidacte, il a grandit à Jarville, la Californie, découvrant sa vocation lorsqu’il était enfant grâce à une journée art organisée par la police dans le quartier. Il quitte l’école à 16 ans et se forme chez un ébéniste. Il décroche finalement un brevet de fondeur. La tête dans l’art est la naissance de sa signature. Le personnage avec le sceau de peinture renversé sur la tête est une réponse à une critique de sa fille lui reprochant d’avoir toujours la tête dans l’art. « Blind (le personnage) devient alors le symbole d’une société de consommation qui emprisonne les émotions et dénature les sensibilités. » (Est Républicain – 26 avril 2018 : Lire en ligne)

Le personnage emblématique de l’artiste de couleur bleu est doublé dans le quartier. Quelques pas plus loin, à l’angle de la rue de la visitation, une seconde œuvre est visible : jaune celle-ci.

Quelques stickers viennent orner les poteaux de la rue.

On y trouve HollyHock artiste néerlandaise installée dans la banlieue de Rotterdam. Le pseudo HollyHock vient de la rose trémière qui fleurit facilement dans les environnements urbains comme Rotterdam ou Amsterdam. C’est la combinaison de l’environnement urbain et la couleur de la fleur qui lui rappelle le street art qui lui a donné l’idée de ce nom. Ses œuvres au pochoir sont inspirées de photographies de mode ou de musique. Elle représente des femmes dont on ne connaît jamais exactement les pensées ou les sentiments.

On peut également voir un sticker de Petit Fantôme du Moulin Crew, collectif d’artistes peintres, graffeurs, graphistes, plasticiens, artistes verriers, sculpteurs, photographes, etc. Ils avaient notamment signés les graff Saint Nicolas place de la carrière. Petit Fantôme a créé ce personnage pour le livre Papier Maché 2 édité par Les pas sages. Ce bonhomme pâté lorrain accompagne la recette correspondante, taclant au passage les friands. À noter la mirabelle pour rester dans la gastronomie locale.

On peut également voir un Stanislas et hurlllll, un collectif de BMX.

Rue de la visitation

La rue de la visitation est connue pour l’œuvre Street painting n°8 des artistes Sabina Lang & Daniel Baumann. Intégrée dans le parcours ADN (Art Dans Nancy). Les lignes colorées marquent le caractère piéton de la rue. Traçant un gigantesque passage clouté jusqu’à la rue Saint Jean. Les lignes courbes, qui se mélangent, représentent le bruit de la rue Saint Jean et la foule des sorties de bureaux qui s’amenuisent au fur et à mesure que l’on s’éloigne vers le cours Léopold ou la place Charles III.

Les lignes de Lang & Baumann ont reçu les pochoirs de l’artiste et poète des rues Pierre Fraenkel. Ses messages sont là pour interpeller et faire réfléchir à travers des jeux de mots en français, en anglais et en franglais.

Un sticker signé Matthieu Dagorn membre du 9eme concept, un collectif d’artistes. Peintre et sculpteur, il réalise des installations. Il utilise des « épluchures » de bois qu’il enroule, mélange, afin de faire apparaître des masques. En 2021, il a installé un baleineau géant composé de plastique recyclé au musée aquarium de Nancy (Est Républicain – 26 avril 2018 : Lire en ligne)

Enfin, caché sur un mur du lycée Poincaré, on peut trouver un fantôme au pochoir, anonyme celui-ci.

C’est la fin de cette balade street art. D’autres œuvres viendront peut être s’ajouter plus tard. Certaines disparaîtront certainement. D’autres quartiers de Nancy cachent des trésors. N’hésitez pas à me dire dans les commentaires quels sont vos quartiers favoris.

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